ALucubrations

lundi 23 janvier 2012

DEHORS ! DEHORS !

Marcher pieds nus sur les limaces et moi aussi, parfois, je voudrais être folle. Laisser affiche-pieds-nus-sur-les-limaces1partir mon oeil. Regarder s'envoler mes idées, défoncer à coups de hache ces barrières béton qui me brident, hurler ma race au monde entier et dessiner sur mes murs, prendre ma place avec mes mots, mes monts et mes vaux, mes voix, mon moi ! Je voudrais écarter celle qui se gère, qui se maîtrise, qui se pèse, pour m'alléger, pour me trouver.

Je me mets à haïr profondément les coutumes, traditions, stéréotypes, expressions toutes faites et tout ce qui fonde nos carcans quotidiens. Ces schémas dans lesquels se moulent les gens cooooool, une représentation permanente derrière laquelle ils se cachent. Je ne veux plus me cacher. Je veux devenir ce que je suis.

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samedi 21 janvier 2012

Keep me searching for a heart of gold

10h. Samedi matin. Un coup de pied dans mon cul capitonné, et je prends mes choses en main. Je suis partie courir.Les voitures se croisent sur le périph, des milliers de gens pour aller vers où? une voiture en warning devant les pompes funèbres. Le conducteur a le regard dans le vide, il attend celui ou celle qui fait la sale besogne à l'intérieur. Matin P1120617d'hiver dans ses tripes aussi, sûrement. Mes genoux m'ont fait mal au début, j'ai senti l'air frais envahir ma trachée, mes poumons, mon ventre tout entier et j'ai cru suffoquer. Sous les tours. Doucement mes conduits se sont distendus et là, mes ailes ont poussé. J'ai senti l'endorphine me conquérir et j'ai couru, couru, j'ai vu la vie du complexe sportif, des enfants qui criaient, qui riaient, j'ai vu le musclé faire ses tractions, et hop un regard en coin, discret, j'ai vu le joggeur suant faire 3 tours quand j'en faisais un et les footballeurs du dimanche s'éreinter un samedi, j'ai vu les vieilles suivre difficilement la choré sur la musique pourrie d'un poste branché sur une rallonge, et la jeune shiatsu combattant ses démons dans le vide... la vie du quartier chinois, juste avant le nouvel an, la file de voitures infinie et leurs conducteurs piétinant d'avoir le droit de errer dans les allées bondées du supermarché, le traiteur envahi, les bras chargés de paquets, de tiges de forsythia, les dragons colorés dans les vitrines, cette agitation incessante, des fourmis dans la colonie, une douceur grouillante, une chaleur décapante sous le ciel gris.

Bref, je suis allée courir.

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mercredi 18 janvier 2012

Play again.

Evidemment, parfois, le soufflé retombe. Faut pas déconner. Il suffit de croiser ton image dans un miroir, ou de P1130999regarder la liste des choses à faire pour ton boulot, de réfléchir au sens de ta vie, de constater tes errements, tes paradoxes, tes blocages que tu n'arrives pas à dépasser, et tu te dis que battre des ailes dans les sphères éthérées de la confiance en soi, ça va bien un moment. On t'avait dit que c'était pas pour toi !...

Allez, Petite, l'espoir c'est bien, essaie encore.

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mardi 17 janvier 2012

Baby... BOUM !

Et puis là, y'avait une réunion. Une de plus. Comme d'habitude, entP1140134re les médecins, les assistantes sociales, les psy, les stagiaires, les parents, et tous ces yeux qui attendaient que j'ouvre le bal!... J'ai sorti mes notes et j'ai parlé de l'enfant. Une dizaine de minutes. Constaté des trucs, interprété d'autres. Je tremblais d'avoir mal fait. Evidemment. Sauf que mon petit monde s'est encore une fois écroulé... quand le pédospychiatre a épilogué sur la pertinence de mes remarques... quand il a constaté l'évolution de l'enfant depuis la rentrée... quand le directeur m'a dit qu'il me soutiendrait dans ma demande de formation parce que j'avais les compétences pour gérer une CLIS... quand il a ajouté qu'il n'aurait jamais pensé voir ces enfants-là faire de tels progrès, "et ça grâce à la bonne femme qui tient la classe"... j'ai beau tourner tout ça dans ma tête, y'a des moments où je commence à avoir des difficultés à croire que j'ai raison de me penser incompétente. La brèche s'ouvre, je me demande s'il n'y a pas des domaines où je suis... capable... VADE RETRO SATANAS !!

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dimanche 15 janvier 2012

Pomme de rainette

J'ai bavé de l'adolescence... grosse, grasse, boutonneuse, cheveux filasses et appareils dentaires, j'étais la risée de la cour de récréation, moqueries incessantes. On me volait mon cahier de textes pour y dessiner des cochons, les garçons me faisaient croire qu'ils me trouvaient jolie, pour me dire après quelques minutes "Ah, t'y as cru!...", des imitations, des méchancetés gratuites... j'ai tout avalé sans rien dire. Je me suis enfermée dans ma chambre pendant des années, j'ai fait la gueule à mes parents qui n'étaient pas, là, les persécuteurs. J'ai passé des milliers d'heures à rêver P1140068qu'on m'aimerait un jour, en restant persuadée que c'était impossible, parce qu'on me le disait... aujourd'hui c'est une douleur que de se sentir appréciée, parce qu'une incompréhension totale et une sensation d'être dans l'inconnu, plus de repère. A chaque moment l'attente de la révélation "Je t'ai eue espèce de débile"!... j'attends de ma famille qu'ils ne disent m'aimer que par devoir, de mes amis que par pitié, de mes amants que par défaut. Quinze ans que je travaille dessus. A essayer d'accepter d'être aimable, au sens littéral du terme, à concevoir d'être aimée. 

Quinze ans que je travaille dessus et que j'ai l'impression de piétiner, de retrouver sans cesse les mêmes angoisses. Et puis ce qui pourrait être le coup de grâce... les mêmes mots. "Tu n'y croyais quand même pas, avec ta tronche?"... Les mêmes mots. Autre contexte, autre personne, autres intentions. Je crois. Même résonnance. Un effondrement lié au retour à la réalité. Rassurée, quelquepart, de retrouver le connu. Sanglots hoquetés pendant quelques dizaines de minutes, les yeux rougis, bouffis, cernés... et puis... ça s'est calmé. Parce que le coup de massue passé, j'ai ouvert les yeux et j'ai trouvé une autre réalité, celle que je refuse de voir. Celle où des gens me répondent quand je ne vais pas bien. Celle où certains me disent que je suis "une belle personne". Celle où je dois accepter de ne pas être aimée par les uns, mais surtout accepter d'être aimée par les autres. Des mails reçus pendant la nuit, au petit matin, des sms tout doux de gens que j'aime, en qui j'ai confiance. Juste un mot, juste un bisou, juste un signe d'amour. Merde, merde, merde... je crois que je commence à avoir confiance en moi...

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mercredi 4 janvier 2012

Sadness

Et puis c'est terrible de se rendre compte à 30 ans qu'on ne sait pas aimer.

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jeudi 29 décembre 2011

Télé poubelle

On ne peut exprimer autre chose qu'une idée reçue en quelques secondes; Chomsky parle du génie de la contrainte télévisuelle. UNe obligation de se cantonner aux lieux communs, à cause de la nécessaire concision. Serge Halimi, que je découvre dans "Enfin pris?" (doc de PIerre Carles) ajoute à cet argument qui soutient l'idée que les débats télévisuels ne sont que "simulacre de démocratie" celui de l'immédiateté de la réponse. Un débat en direct, réponses immédiates, n'est pas le meilleur moyen de soutenir un argumentaire, ou alors en utilisant les méthodes vicieuses de manipulation du déroulement de l'échange, couper la parole, crier plus fort que l'autre, acculer, accuser...

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mercredi 28 décembre 2011

Les pieds de mon père - Zoé Valdès

L'histoire d'Alma Desamparada, à Cuba, sans père. Elle ne sait pas, elle cherche celui qui a les mêmes pipieds de mon pèreeds qu'elle. Années 90. Je crois. Elle aurait de quoi dire à Cyrulnik, la petite. Grandir en monde hostile.

Il est bien rare de découvrir une nouvelle écriture... ça m'a plu chez Zoé, je n'avais jamais rencontré son style - et c'est bon ! Cru, sec, percutant. Prend mes tripes. J'ai aimé ce décalé, ce fantastique.

 

 

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dimanche 25 décembre 2011

Blasphème

Je vote contre Noël. Rien de plus artificiel que de décréter qu'on est heureux parce que c'est la P1130774tradition. J'en ai rien à faire d'une grande partie de ma famille, je n'ai plus envie de faire des cadeaux commandés, je chie sur la messe, la crèche, la bûche, je veux juste dire que Noël, pour moi, c'est un vieux souvenir d'enfance et attendre que ça passe, en priant pour que ça ne soit pas pire.

Je vote aussi contre les gens qui n'écoutent pas, contre les préjugés, contre les sous-entendus et contre les insomnies. Nocturnes, en plus. Noël, c'est pourri, et je gère comme je peux la peine des autres en m'asseyant sur la mienne. Aimez votre prochain, qu'il disait. Tendez l'autre joue et faites-vous piétiner. Je l'emmerde, le ressuscité.

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mardi 20 décembre 2011

Laissez-moi pleurer !

Je revendique le droit à la tristesse ! Je veux pouvoir pleurer sans qu'on m'inonde de "pourtant t'es en vacances!" ou "mais la vie est belle!"... j'en ai assez des gens qui se voilent la face en éradiquant les émotions difficiles. La vie n'est pas toujours facile, et il est impossible d'être toujours joyeux. Encore une fois: quelle est la P1130795bonne question ? l'idéal est-il de vivre une vie sans tristesse ? on n'est pas chez les Bisounours. L'idéal est, je crois, de savoir rebondir sur les situations, sur les émotions, en acceptant de les vivre. 

Je veux dire: il est normal de vivre des hauts et des bas. J'en profite. Des bas aussi. Ils me permettent de penser, d'avancer, de chercher mes forces et mes capacités à me relever. Les bas font partie de la vie et il faut l'accepter. Il y a toujours du bon à prendre - phrase qui semble anodine mais qui m'a été dite par un homme dont la famille a été massacrée à la machette. Elle résonne en moi. Ne pas éviter les émotions négatives, mais les assumer et les utiliser. Accepter d'être triste.

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lundi 19 décembre 2011

Halte à la culpabilisation

P1130773"La représentation du passé est une production du présent. Ce qui ne veut pas dire que les faits de mémoire sont faux. Ils sont vrais comme sont vrais les tableaux réalistes. Le peintre rendu sensible à certains points du réel les reproduit sur la toile en les mettant en valeur. Sa représentation du réel parle de son interprétation où tout est vrai et pourtant recomposé."

in Les vilains petits canards, Boris Cyrulnik

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samedi 17 décembre 2011

"J'ai assez d'amour en moi
pour que tu me désires sans que je me déguise en réclame"
Agnès Varda in Réponses de femmes

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samedi 3 décembre 2011

Monde de merde.

 

C'est affligP1130750eant qu'il y ait toujours un crétin pour dire "Ah c'était ça l'odeur" quand on dit qu'on va se laver.

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jeudi 1 décembre 2011

Fragile équilibre

P1130739Je crée, je crée, je crée, je crée, ça fuse de toutes parts, les idées, les envies, je ne demande qu'à exploser de tout ce que j'ai retenu, j'ai besoin de semerces petits bouts de moi dans le monde qui m'entoure, y planter mon drapeau de quelque manière que ce soit, être là, enfin !

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mercredi 30 novembre 2011

Le monde est fou

"A l'image du slogan antialcoolique qui associe ces deux contraires que sont consommation et modération, la société tient un double discours: il n'y a pas de norme physique, tous les corps se valent et donc toutes les sexualités, mais l'idéal est de minceur, de sport et de performance, de jouissance, de jeunesse et de santé de ce P1100581même corps proclamé libre."

In L'amour du corps, Francis Hofstein

 

Et j'oscille entre acceptation de mon corps hors canons actuels de beauté, et complexes exacerbés du "je ne suis pas comme il faut"... tic, tac. Un jour girafe, un jour autruche. Tic tac. J'assume mes rondeurs, je les crie haut et fort, puis je camoufle, je cache, je honte. Je meurs. Je meurs d'être moi. Je meurs d'être unique. Si c'est pas triste...

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mardi 29 novembre 2011

Je peux pas, j'ai piscine.

Une nuée de moineaux, noirs, blancs, hâlés, chocolat, métissés... une nuée de moineaux colorés, maillots flashies sur leurs peaux sombres, à croquer. Un tissu mal placé, un bonnet tombant sur l'oeil et une P1120371bouffée de tendresse. Les moineaux sont à nus. Innocents. Ils sont assis, gentils, ils sont beaux, les moineaux. Arrive le moment de s'élancer... certains sont moineaux dans l'eau, petits poissons, et d'autres ont peur. Ils me regardent avec leurs pupilles dilatées, la lèvre tremble, ne me lâche pas Maîtresse ! Ne me lâche pas... et moi je suis là, allongée sur le bord, à retenir l'aile, ou la cuisse, prête à tomber du nid pour le bébé apeuré. Je ne lâche pas. Pour rien au monde. Je suis là petit Moineau. Ils sont frêles, tremblants, si fragiles ! les persécuteurs de la cour... les mêmes qui  moquent, qui crient, qui blessent, les mêmes qui mériteraient parfois qu'on leur mette aussi la tête sous l'eau, boire la tasse pour comprendre ce que ça fait. Mais non. Les victimes sont si bienveillantes... pas une once de sourire moqueur et elles rassurent leurs bourreaux. Tiens bon ! C'est bien !... une étouffante gratitude m'étreint, comme si ceux-là portaient l'espoir d'une société renouvelée. L'entraide, la solidarité, le pardon... l'amour. L'Amour. Accepter l'autre et lui pardonner de ne pas être parfait. Je vois peut-être beaucoup dans cette petite heure, m'en fous, c'est ça qui me fait vivre.

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dimanche 27 novembre 2011

Migraine de voyou.

Mon oeil gauche me donne la nausée et ma cervelle bat la chamade. Je suis au bord de l'implosion. Je sens mes émotions repousser les parois de mon corps. Mes veines se dilatent sous la pression. Je vais vomir mes tripes et mes idéaux. Ma tête ne fait plus le tri entre douleur physique et révolution psychique. Je suis confuse et j'aimerais, là, avoir un doux qui me borde et me câline.

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samedi 26 novembre 2011

Away we go

L'important c'est de se poser les bonnes questions. Je veux dire: au lieu de me demander si je suis pas une loseuse quand je fais rien le samedi soir, je devrais plutôt me demander si je suis bien d'être au calme, chez moi, ce P1070908soir. La réponse est oui. Pourquoi essayé-je de me justifier auprès de mon colocataire, que oui, bon, je suis fatiguée, c'est pas une période facile, j'ai besoin d'être seule? je devrais lui dire que j'ai envie de regarder ce film que j'attends de voir depuis des lustres, en peignant, que j'ai envie de prendre mon temps dans un bain, avec un bouquin, qu'être seule n'est pas une honte, que ça peut être un choix.Le "Tu fais quoi ce soir?" sous-entend qu'il FAUT faire quelquechose, avec d'autres, en particulier. Seulement, je décide maintenant de choisir mes autres, de ne pas passer de temps avec des autres que je n'ai pas envie de voir. Je préfère être seule. Oui Madame.

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lundi 21 novembre 2011

L'art de culpabiliser (2)

NB: je lis ces temps-ci des bouquins qui me donnent à réfléchir, et ce que j'écris là ne sont que des réflexions personnelles... à prolonger.

"Le type maternel de culpabilisation repose sur la dette d'amour".

"[Si quelqu'un se vit en victime, quoiqu'il en dise et fasse, son proche entourage] est forcément coupable."

in L'art de culpabiliser, Robert NEUBURGER

Et les remarques assassines fusent... "POurquoi es-tu aussi agressive?", "Je fais ce que je peux pour maintenir le lien et tu le refuses", "Pars, si c'est pour ton bien", "Tu es toute ma vie", "eu égard à tous les services que je t'ai rendus dans le passé"... la P1120430victime s'annonce prête à tous les sacrifices pour les gens qu'elle aime, et de là crée une dette que son entourage a envers elle. Comme elle dit se sacrifier et que je ne le fais pas, je suis mauvaise et elle bonne, c'est elle qui a raison...les yeux de Méduse veulent transformer Persée en pierre.

Dans les faits, se sentir éternellement victime cache certainement l'angoisse d'assumer une responsabilité, et peut-être une culpabilité. L'auto-victimisation agit comme un bouclier réfléchissant, qui renvoie la culpabilité à celui qui est en face. C'est un mécanisme de protection trop facile et trop cruel. Il faut savoir, en recevant ces condamnations implicites, remettre les choses à leur place. Ne pas faire l'éponge. Avoir le force de dire non.

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dimanche 20 novembre 2011

L'art de culpabiliser

NB: je lis ces temps-ci des bouquins qui me donnent à réfléchir, et ce que j'écris là ne sont que des réflexions personnelles... à prolonger.

"Le sentiment de culpabilité permet d'être méchant".
in L'art de culpabiliser, Robert NEUBURGER

L'omniprésence du sentiment de culpabilité peint de facto le tableau: les autres sont gentils, je suis méchante. P1120465C'est un fait. Quoi qu'ils fassent ils ont raison, quoi que je fasse j'ai tort. Seulement, le fait de culpabiliser me dédouane de ma culpabilité et me transforme en quelques sortes en victime: je rachète mes erreurs, ma "méchanceté" en culpabilisant. Le sentiment de culpabilité est un droit de polluer, merci Kyoto. C'est finalement la solution de facilité que d'appliquer ce modèle à toutes les situations. EN culpabilisant, j'achète mon droit d'entrer au paradis. Et je subis le péché originel. J'accepte de le subir.

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